Être bien

Parce qu'on veut tous apprendre à être bien. Dans notre peau, dans notre tête... dans notre vie! Cette section se veut donc un partage d'outils et de réflexions, un accès à des ressources qui, je l'espère, vous seront utiles, comme elles l'ont été pour moi.

Si jeunesse savait… | Louise Deschâtelets

mardi 20 novembre 2018

On a l’impression bien connaître Louise Deschâtelets, un peu comme un membre de la famille, quelqu’un qui fait partie de nos vies depuis si longtemps. On l’a connue par ses rôles marquants évidemment (qui ne rêvait pas à l’époque d’avoir une chambre en ville dans sa maison avec Pete et Lola!) et par sa plume aussi, où elle s’intéresse aux autres et tente d’aider avec son Courrier de Louise. Mais quelles sont les leçons qui l’ont marquée elle, qui l’ont fait grandir et évoluer? Voici des perles de sagesse qu’elle a eu la générosité de partager!

#1

Si jeunesse savait la relativité des choses

Quand on est jeune, si on savait à quel point la vie passe vite et que tout ce que l’on croit être un drame n’en est pas un. Et dieu sait que lorsqu’on est jeune, on a facilement la réaction de penser qu’une petite erreur de vie est un drame, qu’un p’tit malheur est la fin du monde, qu’une rupture amoureuse ou qu’une chicane avec sa meilleure amie est la fin du monde. Bref, toutes ces situations qui rendent la vie des jeunes catastrophiques, si jeunesse savait la relativité de ces choses-là par rapport à l’importance de vivre le moment présent et de toujours essayer d’être le plus en conformité avec sa pensée personnelle et avec ses valeurs profondes, ça simplifierait tellement les choses! Si jeunesse savait ça, on cesserait de se faire de la peine pour rien, de se faire des bleus à l’âme, de se mettre sur les antidépresseurs et d’avoir besoin de boire trop ou de fumer quelque chose pour être bien alors que la vie dans le fond, c’est une affaire extrêmement simple. C’est lorsque j’ai eu 50, 60, 70 ans que je me suis rendue compte que mes problèmes à moi, même s’ils avaient l’air épouvantables quand j’avais 20 ans, étaient exactement les mêmes que ceux des autres. Et en vieillissant, l’avantage c’est qu’on apprend à connaître nos qualités. J’aurais beaucoup aimé qu’on me donne ces conseils-là quand j’étais jeune. Mais il a fallu que j’aille en thérapie pour comprendre certains aspects de ma personnalité qui me poussaient à ne pas toujours prendre les meilleures décisions pour moi-même. Même quand je sentais que j’allais dans le mauvais chemin, il y avait toujours une petite voix qui me le disait, mais je n’écoutais pas.

#2

Si jeunesse savait qu’il faut apprendre à connaître ses forces et à les utiliser

J’ai aussi appris que les forces que j’ai en moi sont les vraies forces qui m’ont mené là où je suis aujourd’hui. Je ne les voyais pas comme des forces autrefois, je les voyais comme des failles, comme des faiblesses. Mais tout ce qu’on a en soi, si on le mélange, qu’on en fait un bon brassage, permettra de faire monter le gâteau . Si on s’entête à reproduire des comportements qui ne sont pas adéquats, le gâteau ne lèvera pas parce qu’on fait la mauvaise affaire et bien souvent, on le sait intrinsèquement. C’est ce que l’avancée en âge m’a permis de comprendre. Et de savoir ça, ça m’a vraiment rendu la vie tellement plus facile. Cette connaissance-là m’a donné accès au bonheur, ce bonheur qu’on cherche partout mais qui est en nous, pas ailleurs.

C’est important de développer sa propre forme de bonheur qui ne sera pas nécessairement celle de l’autre. Quand on est jeune, on se compare beaucoup, on n’assume pas vraiment qui on est. Mais ce qu’on a et qui on est, ça a une valeur, une valeur qui est différente de celle du voisin ou de la voisine. C’est important de savoir qu’on l’a à l’intérieur de soi et que si on le développe, on se rendra compte qu’il y a bien des choses accessoires autour de nous dont on n’aura jamais besoin.

Pour moi, cette prise de conscience est arrivée au moment d’une grave rupture amoureuse qui s’est produite au milieu de la cinquantaine. Il fallait que je rompe cette relation, même si j’aimais encore la personne, parce que j’étais dans un cul de sac qui allait me mener vers une vie de douleur, de peine et d’enfermement. Je subissais des choses tout en sachant que je les subissais, mais j’étais incapable de mettre le doigt sur les raisons qui faisaient que j’allais vers ce genre de relation-là. J’étais dans une relation où je n’avais pas besoin d’avoir la première place. Mais dans sa propre vie, il faut l’avoir sa première place! Et cette rupture-là a été extrêmement douloureuse, humiliante et difficile à vivre parce qu’il fallait que je détricote quelque chose que j’avais tricoté et dont j’étais très fière, il fallait que je m’en sorte. C’est là que j’ai décidé d’aller en thérapie. Pour comprendre quelle était la raison qui m’avait fait aller là alors que tout m’indiquait que je ne devais pas y aller. J’ai brisé des choses pour vivre cette relation-là et, vu de l’extérieur, ça avait l’air du paradis sur terre, mais ça ne l’était pas.

Après cette rupture, j’ai passé 7 ans toute seule, sans même chercher de nouveau compagnon. Ça ne m’intéressait pas, je voulais juste fouiller à l’intérieur de moi pour comprendre pourquoi j’avais fait ça, pourquoi moi, une fille intelligente, j’avais pu vivre ça. Et une fois que j’ai compris qu’il fallait que je change des choses si je voulais un jour vivre une relation amoureuse équilibrée, c’est à ce moment-là que j’ai rencontré le conjoint avec lequel je suis maintenant et avec qui je suis heureuse dans la simplicité de la vie et du quotidien. Cette prise de conscience là m’a aussi permis de pardonner à des gens et à me pardonner à moi-même.

***

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À compter de janvier 2019, on pourra revoir Louise Deschâtelets au théâtre dans la pièce La Souricière d’Agatha Christie, en tournée à travers le Québec. Par ailleurs, Louise Deschâtelets continue d’écrire « Le courrier de Louise», tous les jours dans le Journal de Montréal.

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