Être bien

Parce qu'on veut tous apprendre à être bien. Dans notre peau, dans notre tête... dans notre vie! Cette section se veut donc un partage d'outils et de réflexions, un accès à des ressources qui, je l'espère, vous seront utiles, comme elles l'ont été pour moi.

Si jeunesse savait… | Denise Filiatrault

mardi 1 mai 2018

© photo: Éric Carrière

Jaser de la vie et du métier avec Denise Filiatrault, quel cadeau! Une femme qui en a vu d’autres, qui a su traverser les époques, à coup de travail et de passion, et qui est toujours aussi actuelle. Elle est la preuve, à mes yeux, que la passion ça ne vieillit pas. Des leçons remplies de gros bon sens qui pourront être utiles à tous.

#1

Apprendre sur le tas

Moi, quand j’ai commencé dans mon métier, on apprenait sur le tas. J’ai appris sur le tas, parce que je n’avais pas le choix. Et on n’avait pas d’autres choix par ce qu’il n’y avait pas d’écoles de théâtre.

Le fait d’avoir à tout apprendre sur le tas dans la vie, je pense que ça a fait de moi une femme plus forte, parce que je suis passée au travers de tellement de conneries, d’imbécilités, d’ignorance… On passe au travers et on se dit qu’un jour, on va y arriver. Et il faut avoir une grande confiance en soi aussi, ce n’est peut-être pas bien de dire ça, mais il faut y croire au fait qu’on a du talent.

J’ai eu la chance dans la vie de rencontrer Jacques Lorain, qui m’a beaucoup aidé, qui a été pour moi un Pygmalion. Et l’autre chance que j’ai eu, c’est l’arrivée de la télévision. Comme j’avais chanté auparavant dans les cabarets devant le public, ça m’a donné une énorme expérience pour le métier. Et comme les réalisateurs de la télévision avaient besoin de chanteuses, ils allaient dans les cabarets pour les trouver, et c’est comme ça que j’ai commencé.

C’est le Rideau Vert qui m’a donné ma première chance alors que je faisais du cabaret théâtre, ce que j’aimais beaucoup plus faire, parce qu’on n’avait pas seulement des numéros de variétés, on faisait des sketchs aussi et j’ai appris mon métier là. J’ai appris à jouer les sketchs, j’ai appris à les écrire, bref j’ai vraiment appris sur le tas, parce qu’il n’y avait pas d’autre moyen.

#2

Pour réussir dans la vie, il faut travailler fort car la gloire est éphémère

De nos jours, le problème selon moi, c’est que les gens ne veulent pas faire le métier d’acteurs ou d’actrices, ils veulent être des vedettes. Tout le monde veut être une vedette, ils veulent ça trop vite. Ce n’est pas le métier qu’ils aiment, c’est la renommée. Mais la renommée des fois tu l’as trois jours, et après c’est fini. Et selon moi, ils vont être très déçu au bout du compte. Le conseil que je leur donnerai c’est que d’abord, ils apprennent leur métier et qu’ils travaillent fort, c’est la seule façon.

#3

Il faut que jeunesse se passe

Qu’on donne les conseils qu’on voudra, la jeunesse va faire à sa tête comme on a fait nous-mêmes. Elle ne nous écoutera pas la plupart du temps. Il faut que la jeunesse passe elle-même au travers de ses propres embûches. Ça prend la vie pour qu’on comprenne certaines choses.

Moi, j’aimerais bien aider et diriger mon petit-fils Mathieu, mais lui il ne veut pas en entendre parler, alors je ne m’occupe pas de ses affaires et c’est une bonne chose. C’est dur pour lui d’être le fils de Sophie Lorain et le petit-fils de Denise Filiatrault, il le sait, il s’en rend compte. C’est pas toujours évident pour lui comme pour tous les jeunes. Mais si je lui donnais des conseils : « Fais ceci, fait cela », il ne le ferait pas, alors je ne lui en parle même pas. Et pour l’homme qu’il devient, le conseil que je lui donnerai c’est d’être honnête envers tout le monde et généreux envers tout le monde mais ça, il l’a déjà, ses parents l’ont bien élevé.

#4

Dans le travail, aimer ce qu’on fait c’est un bonus, mais on n’a pas toujours le choix dans la vie

Quand on aime ce qu’on fait, on aime travailler fort. Ya pas de secret, c’est la seule façon!!! Mais aimer ce qu’on fait, on n’a pas toujours le loisir de le faire, il faut gagner sa vie aussi, payer le loyer et à manger pour les enfants. Alors oui, pour moi, aimer ce que je fais dans mon travail, c’est un énorme bonus! Il y a des années où j’ai pu me permettre de choisir le travail en fonction de ce que j’aimais faire, mais il y eu beaucoup d’années où je n’avais pas ce choix-là.

Par exemple, quand j’ai commencé à la télévision, j’ai eu un rôle dans une émission pour enfants alors que j’étais enceinte de Sophie. Je devais porter un costume de cigogne, je ne voyais pas où j’allais, j’avais pas de yeux de chaque côté dans mon costume, et j’étais en patin à roulettes, habillée en cigogne et enceinte! Alors ça, ça ne m’intéressait pas beaucoup. Mais j’étais heureuse de gagner un cachet à la télévision qui était supérieur à ce que je gagnais dans mes ptits clubs. J’avais gagné en une journée ce que je faisais en une semaine dans les cabarets.

Quand je repense à certains choix que j’ai fait dans ma carrière, je sais que, si j’avais eu le choix, je n’aurais pas chanté dans les cabarets. Mais des fois la vie c’est ça, on n’a pas toujours le choix de faire ce qu’on veut. Je détestais ça chanter dans les cabarets, on chantait dans les cabarets pour gagner notre vie, pas pour faire de l’art, parce que ça n’intéressait pas le public qui allait là pour boire et regarder un show. Si j’avais eu le choix, je ne l’aurais pas fait, mais j’avais à gagner ma vie.

***

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Denise Filiatrault vient tout juste de lancer la saison 2018-19 du Théâtre du Rideau Vert Détails au rideauvert.qc.ca. Elle mettra en scène l’adaptation québecoise du film Le Schpountz présentée au printemps 2019 au Théâtre du Rideau Vert. Elle fera également la mise en scène d’une représentation spéciale des Belles sœurs (le 14 mai) pour souligner les 50 ans de la création dans laquelle est avait joué. Et elle est en nomination au Gala Québec Cinéma dans la catégorie Meilleure interprétation féminine pour le film C’est le cœur qui meurt en dernier.

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