Être bien

Parce qu'on veut tous apprendre à être bien. Dans notre peau, dans notre tête... dans notre vie! Cette section se veut donc un partage d'outils et de réflexions, un accès à des ressources qui, je l'espère, vous seront utiles, comme elles l'ont été pour moi.

3 choses que j’ai apprises – Vincent Graton

mercredi 18 avril 2018


© photo: La Vintaine

Je ne connais pas personnellement Vincent, mais à chaque fois que je l’ai croisé, j’ai été touchée par sa vérité, son audace et son intensité. Vincent est quelqu’un qui vibre fort, c’est un passionné, un vrai. J’avais donc très hâte de découvrir les 3 grandes leçons qu’il a tirées de sa vie… Je n’ai pas été déçue 😉

#1

La paternité est mon plus grand professeur

Là où j’ai puisé le plus d’enseignements, c’est définitivement dans mon rôle de père. C’est clair pour moi que la paternité est mon plus grand professeur. Mes enfants m’ont appris et m’apprennent toujours beaucoup. C’est en grande partie ce qui me définit, c’est là où je vais puiser l’énergie que je peux avoir comme militant, comme artiste, comme homme. Comme leur avenir me préoccupe, toutes mes actions sont axées en fonction de cet avenir-là de justice. C’est vraiment tout ce qui me motive. Ce que mes enfants m’ont appris, c’est évidemment l’amour inconditionnel. Et ce qui est très important pour moi, c’est que je ne veux pas que mes enfants soient la copie de ce que je suis. C’est un danger quand on devient parent, que nos enfants deviennent des clones de ce que l’on est. J’ai le très grand souci de tenter de les amener à être ce qu’ils sont véritablement. Comme père de 4 enfants, la paternité m’a beaucoup appris ça. Comment enseigner les rudiments de la liberté à tes enfants ? C’est quoi la liberté ? C’est quoi avoir une libre conscience ? C’est quoi amener un enfant à défendre ses propres idées à lui. Pour moi, c’est vraiment important.

#2

Il ne faut pas avoir peur de se déstabiliser dans la vie

C’est une véritable obsession pour moi, de ne rien prendre pour acquis, ni au niveau du travail, ni au niveau des amours, ni au niveau de tout en fait. Ça veut dire aussi se mettre en danger, se mettre dans des positions pour se déstabiliser. Il ne faut pas avoir peur de se redéfinir. Moi, j’ai beaucoup évolué à travers la spiritualité autochtone. Ce que ça m’a appris, c’est qu’on travaille beaucoup à partir de la roue de médecine et la roue de médecine, elle t’apprend à te positionner dans un espace, dans une roue et dans cette roue-là, l’est c’est la naissance, le sud c’est l’action, l’ouest c’est la mort, et le nord c’est le repos. Et que dans la vie, tout est toujours une sorte de cycle de ce type-là et qu’il ne faut pas avoir peur de mettre fin à des cycles, pour en recommencer d’autres. Ça veut dire que dans la vie, il y a des moments où il ne faut pas avoir peur de se poser la question : est-ce que je suis à ma place au travail, est-ce que je suis à ma place dans mes amours, dans mes amitiés? Et c’est important d’avoir cette honnêteté-là. Concrètement, ne rien tenir pour acquis en amour pour moi, ça veut dire que même si ça fait 17 ans que je suis avec ma blonde, c’est important pour moi que lorsqu’elle rentre, j’aime ça que la maison soit belle, j’aime ça que ça sente bon, j’aime ça qu’elle se sente bien. Ça serait facile pour moi de laisser aller les affaires et de ne pas créer de magie. Mais du mieux que je peux, j’essaie de ne pas m’enliser là-dedans, j’essaie de ne pas m’éteindre. Cette idée-là d’essayer de se réinventer, c’est important pour moi. Dans mon travail, quand on m’a demandé de travailler à Gravel le matin, comme au début, j’ai eu le vertige, ça m’a amené dans une zone de déstabilisation. Moi, je ne veux pas vieillir comme un vieux crouton et j’aime ça me regarder en pleine face et me déstabiliser.

#3

L’importance de rire de soi

Il faut rire de soi. C’est tellement essentiel de rire de soi, de rigoler de ses travers. Et j’autorise tellement mes enfants à se moquer de moi. On est tous des personnages dans la vie, comme des clowns, il y a le clown grognon, il y a le clown heureux. Moi, j’ai plein de dimensions en moi, j’ai des dimensions grognonnes, des dimensions de colère, des dimensions d’amour. Rire de soi, ma blonde m’a beaucoup appris ça! À rire de moi, à ne pas me prendre au sérieux même si souvent je peux me prendre au sérieux. Quand on rit de soi, on se voit faire et ça nous amène à avoir une distance par rapport à nous et à réfléchir de façon mature face à une situation. Souvent, on se prend tellement au sérieux, qu’on oublie de rire. Je suis quelqu’un de très engagé socialement et des fois j’y vais pis à un moment donné les enfants rient de moi, ils me disent papa, relaxe, mets-toi pas dans tous tes états! Puis rire de soi, ça permet de faire circuler l’énergie!

 

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Vincent Graton est chroniqueur à Gravel le matin, sur ICI Radio-Canada Première. Il anime Le goût du pays, les mercredis à 19 h 30 sur Unis TV et participe à un documentaire intitulé Femmes du monde. Il fera également partie de la série Une autre histoire, diffusée dès janvier 2019 à Radio-Canada.

 

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